Un mois après leur défaite aux européennes, les responsables socialistes se réunissent au camp d'entraînement du XV de France de Marcoussis (Essonne). Un cadre propice au "jeu collectif" qui n'a pas échappé aux socialistes, empêtrés dans leurs querelles internes depuis le départ de Lionel Jospin en 2002.
Ce séminaire doit permettre aux membres du bureau national et du secrétariat national de débattre des conclusions du Laboratoire des idées, créé au lendemain du congrès de Reims et dirigé par un proche de la première secrétaire, Christian Paul.
Ce huis clos intervient alors que la grogne gagne du terrain. Depuis un mois en effet, la direction aubryste doit faire face à la multiplication des candidatures en vue de 2012 ainsi qu'aux critiques sur sa gestion du Parti socialiste. Sévère sur le bilan de Martine Aubry, son principal allié, Bertrand Delanoë, a jugé lundi 6 juillet dans un courrier adressé aux militants de son courant, Clarté, courage, créativité, que le congrès "n'aura résolu aucun enjeu de fond : la pertinence de [leur] projet, l'unité de [leur] famille, la clarté de [leur] stratégie".
Ce séminaire doit aussi permettre à la direction de gagner du temps sur l'épineuse question des primaires, en démontrant que le parti travaille sur les questions de fond. Cette réflexion sur la ligne politique intervient alors que les résultats des dernières élections – présidentielle et européennes – ont confirmé la tendance observée depuis 2002 : l'hégémonie du PS est de plus en plus contestée par le centre et les écologistes, qui ont chacun réalisé une percée significative.











