Laurent Fabius a défendu, mercredi 8 juillet, pendant une petite vingtaine de minutes, la motion de censure déposée par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale en réponse à la venue du chef de l'État devant le Congrès réuni à Versailles quelques semaines auparavant. Raillant un Premier ministre qui "n'a pas eu l'autorisation d'engager sa responsabilité", le député de Seine-Maritime a critiqué le président de la République "qui, à l'étranger, parle impeccablement à gauche et en France, agit à droite", le qualifiant de "Monsieur Chômage et Monsieur Déficit". Immédiatement chahuté par la majorité, Laurent Fabius a pris pour cible l'un des députés les plus bruyants, Éric Raoult, qui lui a inspiré cette citation de Jean Cocteau : "Il parle au dessus de ses moyens." Bronca assurée sur les bancs de la droite. Sur le fond, l'orateur socialiste a dénoncé l'emprunt, le recul de l'âge de la retraite à 67 ans.
Cette motion de censure a pourtant divisé dans les rangs du groupe. "Sur l'opportunité du moment mais pas sur le fond", assure-t-on au groupe PS. Sous la pression du bureau national, les députés ont fini par entériner le principe d'une motion. Fort de sa triomphale réélection, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, a ensuite proposé à celui qui fait office de rival au sein du groupe, de défendre le texte. "Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'y a jamais eu de franche camaraderie entre eux, mais Ayrault a estimé que les ténors devaient pouvoir s'exprimer dans les grandes occasions", explique-t-on dans l'entourage du maire de Nantes. La veille, ce dernier avait brûlé la politesse à l'ancien Premier ministre en prenant longuement la parole dans l'Hémicycle. Une intervention qui ressemblait à s'y méprendre à une motion de censure…











