© AFP Boris Horvat
La "guillotine", comme l’appellent les députés de l’opposition, est tombée à 20 h 23, vendredi 10 juillet, lors de l’examen du texte sur le travail dominical. Ironie du sort, la parole du député PS Christian Eckert a été coupée par celle d’un autre socialiste, Alain Néri, qui présidait la séance. La nouvelle procédure dite du temps programmé, qui fixe un temps global pour la discussion d’un texte, a été testée dans des conditions particulières, puisque le patron du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, avait demandé, comme il en a le droit une fois par session, un temps programmé "exceptionnel" de cinquante heures (au lieu des trente heures fixées par la conférence des présidents).
Premier bilan : si, dans les rangs du PS, on continuait de s’indigner, au groupe UMP, on se frottait les mains. "Sur le même texte, en décembre, le PS avait fait durer les débats en déposant des milliers d’amendements [4 000, ndlr]", rappelle Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé. Sous la menace de l’horloge, les socialistes en ont déposé 300. "Et jamais nous n’avons été en minorité dans l’Hémicycle !" poursuit Jérôme Lavrilleux, encore marqué par le "coup" du PS sur Hadopi. Tactique face aux socialistes, qui ont pris tout leur temps, la majorité a utilisé son temps de parole le moins possible pour éviter de siéger le week-end et ce alors même que ce texte ne faisait pas l’unanimité dans ses rangs. Le consensus a été trouvé au sein du groupe en amont, grâce à un long travail de cadrage avec le ministre, Xavier Darcos, et avant lui, avec Brice Hortefeux. Au final, malgré le peu de temps de parole utilisé, "toutes les voix de la majorité, même celles opposées au texte, ont eu la possibilité de s’exprimer", se félicite Jérôme Lavrilleux, évoquant la "marque de fabrique" Copé.
Hadopi II : le PS en sourdine ?
Au groupe UMP, on se dit serein sur le retour du texte Hadopi à l’Assemblée, programmé la semaine prochaine, persuadé que les socialistes ne s’opposeront plus de manière virulente, comme ils l’avaient fait sur le premier texte. "Il faut se méfier des drames annoncés. Le PS n’a pas intérêt à faire durer le débat éternellement. Dans le monde de la culture, sa position a fait des ravages", veut-on croire au groupe majoritaire.











