D’Hervé Vilard, à Johnny Hallyday, en passant par Dalida, Patrick Bruel ou encore Maxime Le Forestier, la liste est longue de ces chanteurs, acteurs, et même intellos à avoir pris fait et cause pour un politique ou un parti. De droite comme de gauche, d’un extrême à un autre, outre l’hypothétique gain de voix, l’homme politique recherche cette petite touche d’humanisme que lui octroie le comique ou l’acteur de théâtre “people”.
Mais attention à ne pas confondre people et people. Hors de question de s’afficher avec n’importe qui. “Le politique qui se présenterait en compagnie de Loana aurait tout perdu”, cite l’auteur, reprenant les propos de Paul Lederman, homme de spectacle et observateur avisé du show-biz. L’un de ces nombreux intermédiaires, et rois du tout-Paris, à l’image d’un Jacques Séguéla, que l’auteur a interrogé pour dresser ce petit historique des rapports entre people et politique, des années Mitterrand à nos jours.
Au gré de ces 315 pages bien fouillées, l’auteur, plutôt un habitué de la presse télé, n’oublie pas de mettre à jour les motivations des people. Entre désir de s’engager, de porter la bonne parole, ou par simples affinités, quand il ne s’agit pas d’obtenir certaines faveurs ou arrangements avec le fisc, les raisons de se rapprocher sont multiples, forcément valables mais pas toujours très nobles. L’auteur n’en fait pas l’impasse et détaille les rapports entre ces deux mondes que tout semblait opposer et qui, aujourd’hui, se confondent. Le politique se mue en acteur de show-biz, le people s’engage en politique. La “pipolisation” de la vie publique est en marche. Coluche, Douillet : le casting n’est plus ce qu’il était. Mais en Sarkozie, le people a toujours la cote. Surtout quand il se fait copain…
Éditions du Moment, 315 pages, 19,95 euros.











