Partant du postulat que Dominique Strauss-Kahn sera le candidat du PS à la prochaine élection présidentielle – tout ce qui devrait empêcher Martine Aubry, Ségolène Royal et François Hollande de concourir est consciencieusement listé –, Philippe Martinat et Alexandre Kara, journalistes respectivement au Parisien et à France 2, ont entrepris de comparer les biographies de l’actuel chef de l’État, Nicolas Sarkozy, et du patron du Fonds monétaire international (FMI), potentiel challenger en 2012.
L’exercice ne manque pas d’intérêt puisqu’il permet de constater que les deux hommes, qui se connaissent très bien – DSK a bénéficié en 2007 de l’appui du tout frais président de la République pour prendre la direction du FMI –, sont en fait très différents. Quand l’un, Sarkozy, a mal vécu une enfance marquée par les absences de son père et a gravi en serrant les dents les marches de l’apprentissage de la vie et de la politique, l’autre, DSK, a grandi dans une famille ouverte sur le monde, baignant dans le savoir et la culture. Le premier a tout fait empiriquement, l’autre s’est construit "presque scientifiquement". Le premier a fait du pragmatisme politique une marque de fabrique quand l’autre, keynésien pur jus, n’a jamais trahi ses idéaux sociaux-démocrates.
Même ce qui semble les rapprocher, en fait, les sépare. Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn sont tous deux réputés pour leur goût de l’argent. Mais là où Sarkozy – qui n’a jamais caché qu’il aimerait plus tard "faire du fric" – aime l’argent pour le pouvoir qu’il procure, DSK le chérit pour les plaisirs et les facilités qu’il lui offre. Et puis il y a les femmes, incontournables dans les parcours de ces hommes qui en sont tous deux à leur troisième mariage. D’ailleurs, Sarkozy a certainement rendu un fier service à son peut-être futur adversaire en mêlant aussi intimement vie publique et vie privée depuis qu’il est à l’Élysée. Car il a ainsi brisé un tabou qui aurait pu se dresser en obstacle périlleux sur la route du séducteur DSK…
Éditions Max Milo, 281 pages, 18 euros.











