L’interdiction générale est-elle la bonne solution ?
J’y suis a priori favorable. C’est la position que j’avais préconisée au sein de la mission Gerin. Le débat a assez duré, il doit maintenant être tranché et arrêté. L’essentiel reste de déterminer comment appliquer sur le terrain cette interdiction générale. L’application n’est pas évidente. Il y a une forte attente de la population. Il s’agit de ne pas décevoir. J’ai toutefois l’impression que le gouvernement a réfléchi à toutes ces questions et que les choses ne vont pas traîner.
Sur le plan juridique, n’y a-t-il pas un risque d’échec ?
Ce risque sera moins important si l’on se place sur le terrain de la sécurité publique. C’est notamment ce que le juriste Guy Carcassonne nous a encouragé à faire lors des travaux de la mission parlementaire. Il s’agit donc de réfléchir à une application intelligente et efficace sur le terrain. En la matière, les meilleurs textes sont les plus simples. Et puis n’oublions pas que se pose aussi la question de savoir comment va en ressortir l’image de la France sur le plan international.
Un projet de loi est-il plus judicieux qu’une proposition de loi ?
Je le crois. Le projet de loi est une procédure qui permet d’avoir l’avis du Conseil d’État, ce qui n’est pas inutile. L’idée d’une proposition de loi lancée par Jean-François Copé a rigidifié une partie de nos collègues socialistes, à un moment où la mission était plutôt unie. Son initiative a permis de bousculer le calendrier, mais il s’agit ici d’une question de société qui doit recueillir le consensus le plus large et dépasser la politique politicienne. Il était donc sage, sur un sujet aussi sensible, d’éviter une proposition émanant d’un groupe parlementaire.











