Jean-Marc Ayrault © AFP/archives Jacques Demarthon
"Cette année, on a oublié de rénover le groupe", commente sur le ton de l’ironie le député socialiste de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg, alors que Jean-Marc Ayrault a été réélu mardi à la tête du groupe PS.
Cette année, le processus électoral s’est déroulé dans la discrétion. Un appel à candidatures a été lancé la semaine dernière. Mais aucun ambitieux ne s’est présenté, chacun ayant encore en tête la cuisante défaite d’Arnaud Montebourg en juillet 2008, lequel s’était incliné, malgré le soutien des amis de Martine Aubry, de Pierre Moscovici et de Laurent Fabius, avec 57 voix contre 120 pour le sortant.
Cette fois-ci, Jean-Marc Ayrault a été élu à main levée, à l’unanimité moins une voix. "Il était le seul à pouvoir rassembler. Il n’y avait pas d’alternative", analyse-t-on dans son entourage. "Le seul qui n’a pas trouvé la force de lever la main, c’est Laurent Fabius", précise-t-on de même source. La candidature de l’ex-Premier ministre était évoquée depuis plusieurs mois. "S’il avait été sûr de gagner, il se serait présenté. Au mieux, il aurait fait le score de Montebourg l’an dernier", ajoute la même source.
La tragédie de Reims et les soubresauts qui ont depuis ébranlé la galaxie socialiste n’ont donc eu aucune incidence sur la carrière parlementaire du maire de Nantes, dont le caractère consensuel, voire effacé, a pourtant souvent été critiqué par le passé. Le groupe socialiste conduit par Jean-Marc Ayrault pouvait se prévaloir cette année d’une opposition pugnace face à la majorité. Les députés PS se sont en effet fermement opposés à certaines réformes phares de la droite : la réforme du règlement intérieur de l’Assemblée, la loi "Création et Internet" ou encore le texte autorisant le travail dominical.











