En dehors de tout regard critique – une fois n’est pas coutume –, 17 personnalités politiques de premier plan, responsables ou anciens responsables du gouvernement et membres de l’opposition, se sont livrées à une sorte d’examen de conscience face à la journaliste Isabelle Dillmann. Parmi les nombreux politiques sollicités, force est d’observer que ceux qui ont accepté de répondre, sur ce terrain personnel et périlleux de la spiritualité, sur lequel ils ont peu l’habitude de s’exprimer, ont fait preuve, du moins dans l’intention, d’un certain courage.
Au départ un titre prometteur, laissant entrevoir une réflexion sur les rapports entre morale et politique. À l’arrivée, un résultat un peu fourre-tout, avec un patchwork de pensées sur des thématiques récurrentes (l’engagement, Dieu, le bien et le mal, la mort, etc.), le tout d’un intérêt inégal. Ainsi, on n’évite pas les lieux communs du style "je n’ai jamais eu de plan de carrière" (Gérard Larcher) ou "j’ai toujours su que je voulais faire de la politique depuis l’âge de dix ans" (Jean-François Copé) ni les platitudes – chacun est entré en politique par désir de se mettre au service des autres…
Sortis de leur contexte habituel, les politiques livrent pourtant parfois d’intéressantes réflexions sur leur condition : "Aujourd’hui, il y a l’impératif de visibilité dans la vie publique, l’impératif de communication, d’absence de retrait qui est une terrible violence" (Vincent Peillon) et s’accordent sur certains principes, comme le fait que la religion doit rester du domaine privé et ne pas interférer dans l’action politique. Au final, les aspects les plus intéressants du livre résident dans ce que l’on apprend du parcours personnel de chacun. Les chapitres consacrés à François Baroin, Christine Lagarde ou feu Philippe Séguin ont une résonnance particulièrement touchante.
Albin Michel, 350 pages, 20 euros.











